Le Nouveau Monde: Ambassade des Gardiens d'Aarkhis. - Le Nouveau Monde

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Ambassade des Gardiens d'Aarkhis.

#1 Liitzia

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Posté 28 mai 2010 - 21:05

Les procédures n’avaient pas trainé. Un état de fait qui étonna Liitzia, qui s’attendait à voir s’écouler de longs mois avant d’avoir la moindre nouvelle de l’oppressant pouvoir d’Akisroc. Elle anticipait d’ailleurs un refus depuis le départ. Son échange avec l’administrateur n’augurait à ses yeux rien de positif. La surprise fut donc des plus grandes.

Au fond d’elle, Liitzia appréhendait la responsabilité que lui faisait porter la princesse. Elle se sentait flattée, et honorée, et comptait prendre son rôle au sérieux. La volonté de bien représenter Folispil et les réfugiés d’Aarkhis surpassait tout. Mais elle s’inquiétait plutôt de sa capacité à supporter son rôle, et de bien faire. Il lui était difficile de ne aps douter d’elle-même. De plus, la perspective de rester à Akisroc pendant de longues périodes ne l’enchantait guère. Ce qu’elle avait pu y voir lors de son premier passage n’arrangeait rien. La cité capitale ne lui avait pas laissé une bonne impression.

Lorsqu’elle quitta le palais de la princesse, et qu’elle laissa derrière elle tous ses proches, un grand chagrin la gagna. Elle ne rentrerait pas au pays avant dix mois. Une période très longue. Les derniers échanges furent difficiles pour elle. Elle ne put s’empêcher de pleurer. Pendant la majorité du chemin vers Akisroc, elle regardait le paysage défiler, les yeux vides, ne parvenant pas à laisser aussi derrière elle sa peine. Le temps maussade n’arrangeait d’ailleurs rien. Un voyage de quelques jours qui avait été égrainé par la pluie, le vent, et les nuages gris. Rien pour afficher un petit sourire sur le visage triste de Liitzia.

Enfin, ils arrivèrent. Le carrosse traversa la sinistre porte de la cité. Par temps de pluie, elle semblait encore plus austère et sordide que de coutume. Elle referma les rideaux de son carrosse, pour ne plus voir dehors, au moins jusqu’à leur arrivée. Le malaise la gagnait déjà. La sinistrose que dégageait Akisroc dépassait tout ce qu’elle avait pu voir par le passé. Le véhicule s’arrêta alors. Liitzia attendit un long moment avant de descendre. Elle voulait déjà rentrer en Folispil et quitter cette ville nauséabonde. Pourtant, elle ne pouvait pas. Après un long moment, alors que les gardes qui l’accompagnaient attendaient, elle sortit sous la pluie. Elle courra vers le paravent devant l’immense bâtiment.

« - Alors c’est ça le bâtiment E, section quatre dans l’allée vingt sept. Charmant ! »

Ce fut le premier commentaire que lui inspira la future ambassade du refuge. Elle sortit de sa petite besace la clé qui lui avait été envoyée par l’Absolue Conscience avec l’accord. Elle l’enfonça dans la serrure, s’attendant à ce qu’elle ne corresponde pas. Un cliquetis confirma la bonne correspondance dudit objet. Elle baissa la poignée, et poussa la porte pour rentrer dans la bâtisse. Une grande obscurité régnait à l’intérieur. Mais une petite lumière passant entre les volets de la façade permettaient d’en voir un petit peu. Suffisamment pour rendre un peu compte de la situation. Tt était parfaitement propre et impeccable. La grande pièce qui s’étalait devant Liitzia était transpercée par quelques imposants piliers de pierre grise. Quelques chandeliers avaient été postés de ci, de là, prêts à être allumés. Ne restait plus qu’à meubler. Liitzia s’attendait au départ à des appartements miteux et minuscules, sales et trop envahis. Ce fut l’opposé qui se présenta à elle. Sans attendre, elle parcourut les pièces adjacentes. Un long couloir à gauche menait à deux salles plus petites. Une fois ceci constaté, elle fit demi-tour pour aller de l’autre côté, vers le fond. Une autre salle avait été faite.  Elle ne savait pas encore comment les choses seraient mises en place. Mais au moins, elle se trouva quelque peu rassurée. Pas suffisant pour lui redonner un vrai sourire. Mais un petit peu de baume au cœur.

Elle sortir dehors, demandant à l’un des gardes de repartir pour Folispil. Il allait falloir ramener de quoi meubler l’Ambassade, et la rendre fonctionnelle. En attendant, elle prit dans le carrosse un objet particulièrement lourd qu’elle avait fait préparé depuis quelques temps. Une plaque de marbre avec une inscription particulièrement symbolique.


Image IPB


Deux heures plus tard, elle était posée juste sur la droite de la porte. L’Ambassade existait officiellement.


#2 L'utilisateur est hors-ligne   Diplomates de Naèseth 

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Posté 29 mai 2010 - 14:15

Après l'épisode de la Forge

Le page grogna tout le long du chemin contre la mauvaise humeur du diplomate Garf Ramus, pestant contre le mauvais caractère des militaires à la retraite, leur manie de l'ordre et du commandement, la brutalité dont ils étaient capable de faire preuve. Combien de fois avait-il eu le derrière en compote une bonne journée d'avoir reçu au moment où il s'y attendait le moins la pointe d'une botte dans l'arrière train. Certes, il y avait la fois où il s'était endormi à son poste... la fois où il avait brisé un vase et l'avait dissimulé (pas assez habilement apparemment)... la fois où... Enfin ! Il pouvait bien se comporter comme tous les maîtres, se contenter d'une claque derrière la tête, de reproches. Mais non ! Il devait encore se croire dans sa caserne, avec des jeunes recrues à martyriser.

Veillant à ne pas tremper ses bottes dans des flaques trop boueuses afin de ne pas éclabousser ses chausses, l'adolescent se glissait dans les rues, cherchant à s'y retrouver dans une ville en pleine reconstruction. Encore une course ridicule, pensait-il, qui allait le faire aboutir dans un coin sordide, tenu par un individu au moins aussi mal embouché que le diplomate Ramus. Mais les ordres sont les ordres, et le vieux serait bien capable de le pister jusqu'à l'autre bout de Dragostina pour lui faire payer une désertion... et il devait connaître des pratiques à ôter le sommeil à tout individu à l'esprit normalement constitué.

Le page considéra la plaque, l'adresse sur l'enveloppe et frappa.


#3 Liitzia

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Posté 29 mai 2010 - 18:09

La première carriole avec un chargement de matériel était arrivée la veille. Cela avait juste permis de pouvoir créer un bureau sur le fond, ainsi qu’une zone d’attente pour quelques visiteurs. Rien de plus. En attendant, les appartements du haut restaient vide, et imposaient à Liitzia de dormir à l’auberge la plus proche. Une situation compliquée qui ne la gêna pas particulièrement. Elle put au moins connaître quelques nouvelles personnes, et éviter de se retrouver dans une solitude qu’elle aurait difficilement supportée. La population se montrait étonnamment ouverte. Bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Une certaine grossièreté régnait, mais elle n’en ressentait pas de gêne particulière. Pendant ces instants, elle oubliait un peu Folispil, et retrouvait un certain goût de vivre.

La prochaine cargaison n’allait pas tarder à arriver. Les services de contrôle de l’Absolue Conscience jouaient souvent de zèle. Un état de fait qui ne posait guère de soucis à Liitzia. Déjà, parce qu’elle n’avait pas le choix, ensuite parce qu’elle n’avait rien à se reprocher. Mieux valait-il se plier à ses formalités avec la plus grande des coopérations, afin, à défaut de se mettre l’Absolue Conscience dans la poche, d’éviter de se la mettre à dos. Elle n’osait d’ailleurs imaginer ce qu’il pouvait advenir aux pauvres à qui telle mésaventure. En attendant l’arrivé dudit chargement, il restait encore à préparer certaines choses. L’Ambassade était officiellement ouverte, mais pas encore prête. Une situation délicate, qui rendait Liitzia anxieuse.

Pour le moment, les visites n’avaient pas été nombreuses. Plutôt inexistantes en fait. Difficile pour Liitzia de choisir entre le bon et le mauvais aspect des choses. En attendant, elle pouvait se consacrer à la mise en place. Son premier réflexe à son arrivée fut d’ouvrir en toutes les fenêtres. Depuis, elle ne les avait pas refermées, afin de profiter en permanence de la lumière. Pour la porte, elle tenait à ce qu’elle soit grande ouverte aussi. Sauf qu’elle n’était pas encore systématiquement gardée. Aussi, ce jour-là, des coups retentirent. Au grand étonnement de Liitzia.

Sur l’instant, elle se demanda ce dont il pouvait s’agir. Peut-être des miliciens de l’Absolue Conscience. Elle se dirigea vers la porte, et l’ouvrit doucement. Elle se trouva face à un homme. Un homme qu’elle ne connaissait pas, et qui portait des couleurs qui lui étaient totalement étrangères. Surprise, elle ne se déstabilisa pas pour autant, et se rappela qu’elle était l’intendante du refuge. Aussi, elle s’adressa à lui avec courtoisie et naturel.

« - Bonjour à vous ! Et bienvenue à l’Ambassade ! »

Elle ouvrit d’autant plus grande la porte, comme pour appuyer sa volonté de mieux accueillir son hôte.

« - Veuillez entrer ! le Refuge est un lieu ouvert à tout le monde ! Il n’est pas encore parfaitement installé, mais cela suffira pour que vous puissiez m’expliquer la raison de votre venue ! »

Hésitante, se demandant comment appréhender le relationnel, d’autant qu’elle ne savait pas ce que cet homme lui voulait, elle lui indiqua de la suivre jusqu’à la première salle au fond. Elle n’avait pas remarqué que sa robe se fût déboutonnée dans son dos, découvrant le haut de ses fesses par une légère ouverture ovale. Le visiteur allait pouvoir avoir une vue fort agréable. En même temps, il n’était pas très judicieux de travailler et de manipuler des charges lourdes avec une robe de soie aussi fragile.


#4 L'utilisateur est hors-ligne   Diplomates de Naèseth 

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Posté 29 mai 2010 - 21:32

L'adolescent s'était laissé surprendre par l'ouverture de la porte, et bien plus encore par l'apparition de la femme. Il retint une exclamation tant l'attitude de Garf Ramus lui avait laissé présager une rencontre bien moins agréable. Il jugea tout de même plus prudent de ne pas se forger la moindre opinion au sujet de cette personne : sous le plus beau des masques peut se dissimuler le plus laid des coeurs.

Entrant à la suite de la dame, le page s'inclina profondément, et récita les quelques formules que lui avaient inculqué ses différents maîtres à la Forge d'Akisroc :


"Noble dame, le sire Garf Ramus, diplomate de Naèseth, délégué à la Forge d'Akisroc, siège dans la capitale de la Forge de l'Honneur, vous fait part de ses plus humbles et respectueuses salutations. Il m'a chargé de vous remettre le présent pli dans les délais les plus brefs, et d'attendre une réponse s'il vous agréait de lui en faire porter une."

Le garçon s'inclina profondément, s'efforçant de concentrer son attention sur les détails du sol pour ne pas relever vers la tête vers la dame, malgré l'envie de jeter encore une fois un oeil sur le défaut de la tenue qui était selon lui d'un goût exquis. Il tira la lettre de l'étui de cuir destiné au transport des plis fixé à sa ceinture, et le présenta sur les deux paumes ouvertes, les bras levés au dessus de sa tête, le regard rivé sur les dalles de la salle ; la position était inconfortable, mais elle valait mieux que de provoquer un quelconque incident par un coup d'oeil mal interprété : si la dame ne le faisait pas exécuter ou emprisonner, Garf Ramus s'en chargerait sans nul doute, et le garçon n'avait pas la moindre envie de croupir dans un cachot au pain sec et à l'eau.

La feuille de parchemin était pliée vers l'intérieur, scellée d'un cachet de cire rouge frappé aux armes de la Forge de l'Honneur, le marteau et l'enclume.


Citation

Akisroc
Le 22 Akistina 155


Au représentant du Refuge d'Aarkhis en Akisroc,

Je vous prie de bien vouloir accepter mes plus humbles salutations, et l'expression de mes meilleurs sentiments, ainsi que les salutations des seigneurs de la Forge de l'Honneur.

Nous avons eu vent de l'émergence de votre ordre, ainsi que de l'établissement d'une ambassade le représentant en Akisroc. La constitution d'une nouvelle organisation telle que la vôtre est pour nous une heureuse nouvelle, car il nous a été rapporté que vous défendiez un idéal de paix, chose fort rare en ces temps troublés où le fer et le sang semblent être la devise de bien des seigneurs. Cependant, les quelques informations qui nous sont parvenues ne sont que des lambeaux, passés de bouche à oreille, rendues imprécises par la succession des intermédiaires.

Comprenez, nous ne pouvons nous baser sur ces seules données trop imparfaites pour juger à sa juste valeur votre assemblée ainsi que les idées ayant conduit à sa formation. Un tel état des choses ne saurait demeurer, toute communauté ayant pour vocation d'offrir la paix à ceux qui la recherchent mérite le respect de ses valeurs et de ses principes.

Notre désir le plus cher est de mieux les connaître, et de les considérer avec la clairvoyance qu'ils méritent. Accepteriez-vous de dissiper notre relative ignorance quant aux Réfugiés à l'occasion d'un dîner au siège de la Forge de l'Honneur en Aksiroc, où nous aurions tout loisir d'échanger concernant les institutions dont nous sommes les représentants ? Ce serait pour moi un grand honneur que d'être votre hôte à la date qu'il vous plairait de m'indiquer.

Dans l'attente d'une réponse de votre part,

Garf Ramus,
Diplomate de Naèseth
Représentant de la Forge de l'Honneur en Akisroc
 


#5 Liitzia

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Posté 30 mai 2010 - 10:36

Une forme d’étonnement, voire d’excitation s’empara de Liitzia lorsque son visiteur lui tendit un parchemin. Elle s’empressa de le prendre, tout comme s’empressa de le déplier, tout comme elle s’empressa de le lire, pour s’empresser finalement de préparer une réponse de tête. Bien sûr, la surprise fut le premier sentiment qu’elle ressentit. Des organisations prestigieuses, ou dîtes prestigieuses, de Dragostina portaient un intérêt à la cause des Gardiens, et souhaitaient en savoir plus. Il ne s’agissait pas d’une demande d’aide, aussi, il fallait mieux éviter de s’égarer, estima Liitzia, et penser avant tout à l’essentiel. D’autant qu’elle ne savait pas quelles pouvaient être les intentions de la Forge par l’émission de ce message, et par cette étrange invitation à un dîner. Cependant, elle devait se montrer digne de la princesse, d’Aarkhis, et de la mission qui lui avait été confiée. Aussi, elle comprit qu’elle devait d’une, répondre favorablement, de deux, répondre rapidement.

Déjà, elle invita le messager à prendre ses aises. L’ambassade ne disposait pas encore d’un grand confort, mais une simple chaise pouvait suffire en attendant, accompagnée d’un petit réconfortant. Dans ce domaine, le choix n’était pas non plus des plus grands. Elle regarda dans le placard de son bureau, pour trouver une simple carafe d’eau entamée, de l’herbe à pipe, que ses gardes consommaient, ainsi qu’elle, dans ses heures perdues. Rien d’autre. Elle se trouva gênée de ne pouvoir offrir d’avantage. Cependant, elle continua dans sa démarche. Préparant un parchemin, ne sachant par où commencer, elle apposa la plume à côté, puis finalement revint à son idée première. Elle prit la carafe d’eau, remplit un gobelet qu’elle tendit au messager. Ensuite, elle s’installa sur son propre siège, et commença la réponse rapide que demandait la Forge. Surtout, elle n’allait pas faire attendre trop longtemps le pauvre jeune homme.

La tâche ne fut pas des plus aisées. Elle resta silencieuse tout le long de sa rédaction, se demandant à chaque mot ce qu’elle devait écrire. Le relationnel lui réussissait en général, au sein de Folispil et de ses compatriotes. Il en était tout autre de la communication diplomatique qu’elle ne connaissait que très peu. La princesse restait la principale interlocutrice avec les contrées extérieures. Cependant, elle parvint au bout de sa tâche. Elle enroula le parchemin rédigé, sans le cacheter, puisqu’il n’y en avait pas encore à l’Ambassade – un manquement de plus – puis le tendit au messager qui devait s’impatienter.

« - Voilà Jeune homme ! Je vais pouvoir vous laisser tranquille ! Veuillez m’excuser pour l’attente ! »

Elle s’était adressée à lui comme s’il eut s’agit d’un concitoyen ou d’un pair. Jamais elle n’exprima la moindre condescendance. Elle savait comment certains traitaient les messagers ou les subordonnés de bas rangs. Il n’était pas question pour elle de se rabaisser à ce stade, et de s’enfermer dans des carcans relationnels qui n’avaient d’intérêt et de légitimité que pour ceux qui le voulaient bien. Elle sortit quelques pièces d’une urne, qui n’était guère remplie, puis les donna au messager. La somme n’était pas énorme, mais il y avait bien de quoi se payer un petit repas en ville dans une auberge correcte.

« - Je vous libère maintenant ! Faites attention à vous ! Cette ville est une menace permanente ! Bon courage ! A bientôt, peut-être ! »

Elle l’accompagna jusqu’à la porte, toujours en se plaçant devant lui. Elle n’avait toujours pas remarqué son souci vestimentaire. Bien sûr, les boutons défaits ne découvraient pas toutes ses fesses, lui accordant encore une once de dignité. Surtout qu’elles n’étaient pas désagréable à l’œil. En fait, elle s’en apercevra que plus tard, par le signalement gêné d’un garde. Pas aussi gêné que Liitzia tout de même, qui pestera pendant un long moment.


Citation

Garf Ramus, dignitaire de la Forge de l’Honneur,

C’est avec honneur que je reçois votre message. Je dois reconnaître avoir été très surprise de son envoi. Les Gardiens ne sont pas aussi reconnus que votre noble organisation. Aussi, les gardiens sont particulièrement flattés de susciter un début de considération, qui ne peut être que bénéfique dans notre volonté et notre mission.

J’accepte donc votre proposition avec grand plaisir, et me mettrais à votre disposition pour vous en dire plus sur les réfugiés d’Aarkhis. Je comprends d’ailleurs votre étonnement quant à nos motivations, et notre volonté de répandre le bien et la paix. Tant de guerres et de morts ont souillé les plus fertiles de terres ces dernières décennies sur Dragostina. La violence semble être devenue la seule raison d’être en ce continent. Puissent-ils un jour comprendre le bonheur, et suivre la voie du peuple d’Aarkhis.

Je prendrais congé à l’Ambassade ce 18 Grèsh, afin de pouvoir vous rendre visite. Si cette date ne vous convenait pas, faites le moi savoir.

Je vous suis reconnaissante de l’intérêt que vous portez à notre égard.

Que le chant d’Aarkhis vous soit favorable jusqu’au bout de votre destinée.


#6 L'utilisateur est hors-ligne   Viquête 

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Posté 06 juin 2010 - 10:04

Se déplacer à pied ? Mauvaise idée. A moins de vouloir entretenir ses rhumatismes, monter à cheval se révélait plus judicieux. Malheureusement, l’animal n’aurait que faire de ses problèmes de dos. Si Mémé Viquête ne voulait pas arriver à destination les vertèbres en charpie, l’ours blanc serait le meilleur moyen de locomotion.

Devant une collection de diadèmes confectionnés à partir de l’ivoire d’animaux légendaires qu’elle avait chassé tout au long de sa vie interminable, Mémé Viquête décida de choisir celui qui la ferait s’illuminer le plus ; littéralement. On n’accepte pas l’invitation d’une princesse sans un minimum d’effort vestimentaire, d’autant plus que Mémé connaissait les limites de ses charmes d'antemps.
En refermant son armoire, la décision de partir à dos de son ours blanc se révélait être la meilleure qui soit. Autant pour épater la galerie que pour ménager ses articulations fragiles. L’ours est tellement plus doux, souple et confortable que n’importe quel autre animal.
Elle se contempla une dernière fois dans le miroir qui lui renvoyait le reflet des étincelles de son diadème. De ses taches de vieillesse, on n’y voyait que du feu !
L’heure du voyage avait sonné.

Armée d’une hache qu’elle accrocha aux sangles prévues à cet effet au dos de son animal, Mémé Viquête piqua sa monture des deux qui bondit à travers les montagnes de Freyskadi, direction Akisroc. Cependant, la chasseuse détestait la solitude par dessus tout. Aussi avait-elle décidé de se faire accompagner par son animal de compagnie Sheepn’ dale. Ce mouton lui prodiguait une réserve de laine conséquente pour ses tricots.

Mémé aimait beaucoup la compagnie de Sheepn’ dale. Pour un mouton il avait une conversation incroyable. Le pauvre avait le mal des transports, ce qui obligeait bon nombre de pauses si Mémé Viquête ne voulait pas qu’il vomisse sur ses genoux habillés en peau de chamois.

Depuis ses derniers échanges de petits mots entre elle et la princesse de Folispil, Mémé savait que son ours poserait problème une fois arrivée à destination. Aussi lorsqu’elle posa canne à terre en Akisroc, Mémé Viquête récita une formule de chance pour que son animal n’embarque pas le banc sur lequel il serait attaché.

« Tu bouges pas. Mémé s’en va faire une course et elle revient »


Sheep’n dale en laisse, Mémé Viquête tira la hache du fourreau de son ours pour celui de son dos. Voyager avec un poids sur les épaules était insupportable, mais mémé ne se séparait jamais de sa hache. Qui sait quelles créatures incroyables elle pouvait rencontrer en chemin. Les rencontres du troisième type ça ne prévient pas.
Quelques pas plus tard, Mémé leva les yeux vers le refuge, puis s’attarda sur le panier en osier que transportait son mouton sur le dos, espérant que cette fameuse Liitza aimait les gâteaux de sanglier.

Sa canne tapa trop fort contre la porte qui s’ouvrit brutalement, laissant un souffle froid et rugueux s’infiltrer dans l’ambassade. Le diadème de Mémé éclaira son chemin à l’intérieur.

« Ça m’a l’air aussi défraîchi que tes pauvres miches ici ma vieille »

Mémé Viquête acquiesça.


#7 Liitzia

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Posté 07 juin 2010 - 09:52

Petit à petit, l’ambassade prenait ses aises, entre les vastes murs du Bloc généreusement alloué par l’Absolue Conscience. Dans son bureau, Liitzia rangeait, et réglait quelques affaires diplomatiques, plus ou moins importantes.  La princesse s’occupait du relationnel direct. En même temps, il allait être difficile pour Liitzia de répondre à des messages reçus directement en Folispil. Ce n’était en aucun cas la mission qui lui avait été confiée. Elle devait assurer la représentation physique des Gardiens au sein de la grande cité capitale, et assurer un repère pour tout ceux ne sachant où s’orienter. Une mission importante, qui ne bénéficiait pas d’une haute reconnaissance. Les entrées avaient été relativement réduites. Quelques vagabonds en quête de réconfort. Quelques âmes perdues de la cité. Mais un seul échange à caractère réellement diplomatique. Qu’importent les entrants, elle les traitait toujours avec chaleur et courtoisie. Même les quelques miliciens qui assurèrent des contrôles pour s’assurer du bon usage du lieu à caractère diplomatique.

Ce jour là, elle était en train de quitter un jeune homme errant, qui avait visiblement plus besoin des compétences primaires d’une femme qu’autre chose. Elle n’accepta pas, évidemment, mais resta courtoise, comprenant d’une certaine façon l’instinct de l’homme en question. Elle s’abstenait toujours de juger. Ce n’était pas la première fois en même temps qu’un mâle l’accostait pour bénéficier de certaines faveurs. La présence toujours proche de l’Absolue Conscience lui permettait de ne pas craindre d’emportements, et de rester sereine. Tout le monde craignait la milice des cryptographes. Personne ne voulait s’y frotter. De façon générale, les Hauts Quartiers restaient tranquille, et la sécurité n’était pas à remettre en question. Liitzia espérait juste ne jamais à devoir se rendre plus au sud Ouest, dans les quartiers sales et mal fréquentés des voleurs.

Le jeune homme échauffé parti, elle referma  la porte, et retourna à ses occupations. Il s’agissait d’en finir avec la salle du fond, pour enfin, entamer la mise en place de la salle centrale, qui était toujours aussi vide. L’un des gardes de Folispil était avec elle, pour l’assister. Quelques meubles étaient bien trop lourds pour son petit corps de femme. Il y eut alors des coups qui retentirent sur la porte d’entrée.

Calmement, elle se sortit de son occupation, pour se rendre dans le grand hall principal. La vaste pièce restait toujours aussi vide et triste. La porte avait été ouverte. Une légère lumière se diffusait, malgré l’éclairage du jour à travers les fenêtres dégagées. Une personne âgée se présenta.

« - Bonjour madame, salua Liitzia avec un sourire naturel ! Puis-je vous aider ? »

Sa bonne éducation lui empêcha d’en demander plus, et de chercher à savoir qui était cette personne. A priori, si elle devait se présenter, elle le ferait, sans aucun doute.



#8 L'utilisateur est hors-ligne   Ysa 

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Posté 11 juin 2010 - 14:47

Ysa quitta rapidement le palais de l'Absolue Conscience. Les formalités qu'il était venu accomplir lui avaient pris moins de temps que prévu, mais le soir n'allait pas tarder à tomber. Et la perspective de passer la nuit dehors ne l'amusait pas spécialement. Outre les miliciens à l'air sympathique qu'il croisait dans les rues avec une régularité effarante, et qui possédaient très probablement une loi contre les amateurs de nuit à la belle étoile, les personnages à l'air sournois et patibulaire ne manquaient pas dans cette ville. Et le nain transportait avec lui quelques échantillon de l'orfeverie de son pays, afin de négocier des accords avec un royaume humain. Non, ce qu'il lui fallait, c'était une auberge, agréable mais pas trop chere. Après tout il se payait ce petit séjour aux frais de l'état. Son état en fait.

Et la pluie à présent. Guère plus que des goutellettes, d'accord. Mais ça n'allait sans doute pas tarder à se transformer en orage. Malgrés son entrain naturel, le seigneur nain se laissa aller à quelques douces minutes de gromellement dans la barbe, activité que tout nain pratique avec conviction sitôt qu'il en a l'occasion. Lorsque ses pensées revinrent à l'instant présent, Grâlmak Ysa se trouvait dans une rue déjà fort triste en plein jour. Les hautes façades couvertes d'échafaudages et les pavés ternes morcellés prenaient dans la lumière grise un aspect vraiment désagréable. Avec un juron contre le peu d'attention que prétaient les habitants-cinglés-de-cette-ville-maudite à la beauté de leurs propres demeures, il fit lentement un tour sur lui-même, tant pour se repérer que pour mieux juger du mauvais goût environnant. Et il resta bouche bée.

La première chose qu'il remarqua (dificile de ne pas le voir dès lors qu'on était pas perdu dans d'âpres gromelements) était l'ours. Attaché à un banc comme un simple animal de compagnie, il représentait pour Ysa l'ours le plus formidable qu'il ait apperçu. D'accord, certains messagers venus du nord possédaient de telles montures. Mais elles étaient loin d'égaler cette masse de poils blanc couverte de cicatrices, qui devait être hautes comme deux seigneurs nains lorsqu'elle se tenait sur ses deux pattes! Lorsqu'il réussi à détacher ses yeux de l'ours, Ysa put remarquer deux autres choses concernant le bâtiment qui se tenait devant l'ours. Tout d'abord, quelqu'un avait peint les volets des fenêtres en bleu, ce qui était du plus bel effet mais totalement en désaccord avec le reste de la rue. Ensuite, une large plaque de marbre de Carrare gravée était fixée près de la porte, présentant ce lieu comme l'ambassade des Gardiens d’Aarkhis.
Ysa resta un instant surpris, ravi que ses pas l'aient mené tout droit à une porte amie! Puisque le destin en avait décidé ainsi, il allait profiter de l'invitation qui lui avait été faite tout récemment, et visiter le bâtiment. L'ambassadrice saurait de plus certainement conseiller une auberge à l'envoyé de Doldoroth.

Il s'approcha tranquilement de la porte ouvete, non sans avoir largement contourné l'ours. Debout sous le porche se tenait ce qui aurait du être une vieille femme voûtée, et qui se trouvait être par Mâhal sait quel enchantement, une vieille femme voûtée avec une énorme hache, un mouton et diverses cicatrices. Elle se tenait immobile dans le hall, et fixait une jeune femme très élégante et bien tournée. Avec un immense sourire pour ne pas paraître impoli, le seigneur Ysa demanda de sa voix la plus chaleureuse:


"Excusez-moi mesdames. Le Refuge est-il ouvert à un ami en ces temps couverts?"

#9 Liitzia

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Posté 12 juin 2010 - 22:38

Pour Liitzia, il importait d’être à la hauteur de la mission qui lui avait été confiée. Représenter la princesse et les Gardiens. Ce n’était pas une mince à faire. L’arrivante avait beau être une vieille femme parmi les autres, il fallait l’accueillir comme il se devait et faire honneur aux réfugiés.  Liitzia ne perdait jamais de vu cet état de fait. Ce qui lui permettait de se mettre à la hauteur, mais aussi de s’infliger une pression permanente, provocant anxiété et doutes. Elle débutait encore en tant qu’intendante de l’ambassade des Gardiens d’Aarkhis.

Arriva une autre personne, qui justement, ne manqua pas de chatouiller cette angoisse que pouvait ressentir Liitzia. La peur de mal faire restait encire très présente en elle. La vieille dame n’avait même pas eu le temps de pouvoir répondre encore, qu’un être entra timidement dans la grande pièce principale. Il s’agissait d’un nain. Liitzia n’avait pas souvent eu l’occasion d’en rencontrer encore. Cloisonnée dans les frontières de Folispil, elle n’avait pas eu à beaucoup converser avec les êtres d’autres contrées. Bien entendu, elle avait eu le droit d’entendre tous les stéréotypes du genre qui pouvaient exister sur les nains. Ils ne manquaient pas. Ils abondaient même. Elle avait bien conscience qu’elle ne pouvait pas se laisser duper par toutes ses rumeurs, et devait se faire une opinion d’elle-même. Donc évacuer les ragots qui prétendaient qu’un nain râlait, ronchonnait, ne faisait que manipuler la pioche à défaut de son verbe, et buvait beaucoup de bière.

Elle avait entendu parler d’un seigneur qui prenait tous les racontars au premier degré, et les entretenait même. Un roi qui avait de sérieux problèmes diplomatiques d’ailleurs. Il avait parait-il méprisé et insulté les trois quarts du continents, se mettant plus bas que le plus bas des caniveaux. Des rumeurs aussi d’ailleurs.

"Excusez-moi mesdames. Le Refuge est-il ouvert à un ami en ces temps couverts?"

A cette question du nain, Liitzia répondit derechef, sans pour autant détourner son attention de la vieille dame.

« - Les gardiens sont toujours là pour accueillir ceux dans le besoin ! Amis ou non ! Entrez donc, et joignez-vous à nous ! Je serais ravie de pouvoir vous aider ! Prenez vos aises ! »

Regardant la vieille dame, se demandant ce qu’elle devait réellement faire, elle eut un instant d’hésitation. Faire attendre le nain, et s’occuper de la vieille dame, ou inviter le dernier venu à se joindre à elles. Après tout, l’ambassade symbolisait aussi la réunification à travers la paix. Elle était quelque peu perdue. La vieille dame comme le nain allaient devoir y mettre du leur pour aider Liitzia dans sa mission.

« - D’où venez-vous donc, demanda-t-elle au nain avec un sourire montrant son embarras ? Je peux vous faire amener de quoi vous rassasier si vous le souhaitez ? »

Au fond d’elle, les arrivées de le vieille dame et du nain la rassurait quant à la pertinence et le sens de sa mission. Mais son amateurisme en termes de gestion relationnel de cet ordre lui rendait la gestion de ce genre de situations délicates.


#10 L'utilisateur est hors-ligne   Ysa 

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Posté 12 juin 2010 - 23:24

Sitôt sa question posée, Ysa jeta un coup d'oil à la vieille guerrière, qui ne bronchait pas, regardant toujours fixement son interlocutrice. Vlan, se dit le nain, nouvelle gaffe; elle devait avoir besoin d'une entretient particulier, et je suis allé les déranger avec mes questions stupides. Va falloir rattraper ça. La jeune femme en tout cas paraissait presque aussi perdue que lui dans la gestion des individus. Les foules ne dérangeaient pas le seigneur nain. Ce qui l'embetait, c'était les cas particulers, toujours plus contrariant.

En tout cas, ce fut elle qui agit en premier. Hochant la tête pour briser le statut-quo, elle répondit:

"Les gardiens sont toujours là pour accueillir ceux dans le besoin ! Amis ou non ! Entrez donc, et joignez-vous à nous ! Je serais ravie de pouvoir vous aider ! Prenez vos aises !"
puis avec un sourire embarrassé:
« D’où venez-vous donc ? Je peux vous faire amener de quoi vous rassasier si vous le souhaitez ? »

Et elle retomba immédiatement dans ce qui semblait être une terrible anxiété de mal faire. Le nain se rappella avec un léger sourire qu'il y avait trente an de cela, il aurait tout fait pour géner la jeune femme encore plus; c'était typique de l'humour nain dans les cavernes de Karak Helm. Sauf que maintenant, il était roi (ou seigneur, il se battait encore avec les érudis pour avoir la traduction exacte), et qu'il fallait qu'il n'applique qu'un humour glacé et sophistiqué. Ce fut donc la compassion qui l'emporta. Il déclara simplement:

" Je vous remercie!
Je suis le seigneur Ysa de Doldoroth, et j'aimerais beaucoup converser avec vous si vous en avez le temps. J'ai échangé quelques missive avec la princesse de votre royaume, et j'étais un peu curieux de découvrire ce fameux Refuge. Mais rien ne presse, poursuivit-t'il en s'inclinant vers l'aïlleule! Pour l'heure, je me contenterais de vous demander l'auberge la plus sympatique que vous connaissez dans les environs, et éventuelement de quoi écrire une lettre; je crains en effet que toutes les auberges ne puissent pas répondre à ce souhait, et il faut absoluement que je rédige cette missive ce soir."

Tout en s'inclinant une seconde fois dans la plus pure politesse naine, le seigneur ne pu s'empecher de penser que si l'ambassadrice était seulement deux fois moins jolie que la pricesse, il pourrait être constructif d'aller faire un tour à Folispil. Enfin, ça passera après les formalités d'Akisroc se promit-il intérieurement. Preuve s'il en est que même chez les nains esthetes, le devoir c'est sacré...

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Viquête 

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Posté 13 juin 2010 - 17:23

Quelques craquements de vertèbres passèrent avant qu’une femme n’apparaisse devant Mémé Viquête. Celle-ci s’était déjà permise d’entrer en ayant pris soin de refermer la porte derrière elle pour éviter les mauvais courants d’air. Le temps s’était quelque peu rafraîchi. Nul doute que la pluie était imminente.
Mémé Viquête eut alors une pensée pour sa monture qui, si elle supportait parfaitement le froid, devenait facilement irritable lorsqu’elle avait le poil mouillé. Mais après tout, quel inconscient irait s’approcher d’un ours aussi fixement attaché soit-il ?  

Lorsque enfin la vieille Dame trouva la force de sortir de ses pensées, elle aperçue qu’un nain venait de faire également son entrée. Voyant qu’il était trempé comme un poulpe fraîchement pêché, Mémé Viquête se félicita d’avoir prédit l’arrivée de la pluie.

"Comme vous êtes ravissante !" Complimenta Mémé à celle qui s’était présentée sous le nom de Liitzia. Et vous êtes bien barbu.

De récents rhumatismes dans le cou empêchaient Mémé Viquête de tourner la tête depuis plusieurs jours, si bien qu’elle fut incapable de se tourner vers le nain comme cette dernière phrase lui était en réalité destinée.

"Excusez les mauvaises manières d’une vieille dame, j’étais perdue dans mes pensées. Je m’appelle Viquête. Mémé Viquête. Appelez-moi Mémé ça nous fera gagner du temps. Car le temps passe si vite mes enfants, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point !"

« z'en ont rien à carrer de ta vie la vieille »


Sheepn’ dale n’était vraiment pas un mouton patient mais Mémé Viquête ignora cette remarque. Sa canne tapotait le sol à mesure où la vieille femme se traînait d’un pas fainéant vers son interlocutrice.
En réajustant la monture de ses énormes verres correcteurs, Mémé Viquête plissa plus intensément les rides de ses yeux comme elle cherchait à reconnaître cette femme. Le nom de Liitzia lui disait bien quelque chose, mais à son âge, comment en être vraiment certain.

"Si vous êtes affamés tous les deux, je nous ai apporté l’une des spécialités de Freyskadi : un gâteau au sanglier ! Allons vite nous assoir autour d’une table avant que mon poids n’ait raison de la faible résistance accordée par mes vieilles guiboles, vous allez vous régaler ! Je me souviendrai mieux de la raison de ma visite le ventre plein."


#12 Liitzia

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Posté 13 juin 2010 - 22:16

La réaction plutôt coopérative et même chaleureuse du nain et de la vieille dame rassura Liitzia. D’évidence, elle ne devait surtout pas être bousculée. Son expérience en tant qu’intendante de l’Ambassade restait embryonnaire. Elle ne savait pas encore tout à fait recevoir les gens, d’autant que l’endroit n’était pas encore lui-même prêt. La salle principale restait vide, et quelques attentions ne pouvaient être satisfaites.  Ce qui risquait d’engendrer des petits heurts diplomatiques. Certains seigneurs devaient avoir des exigences curieuses. Liitzia avait conscience de vivre dans un monde un peu surréaliste parfois, ou l’individualisme à outrance rendait les êtres des plus égoïstes et égocentriques. Il fallait faire avec, et ne pas se perdre en jugements futiles.

Voyant le nain exprimer une forme de gêne, plus par ses propos que par son attitude, à la différence d’elle, Liitzia l’invita à rester, tentant de trouver les mots justes.

« - Je dois pouvoir répondre à votre demande. Si vous voulez bien me suivre ! Vous pourrez à la rigueur prendre vos aises, et profiter de la collation que nous propose bien aimablement madame ! »

Elle appuya son sourire, se tournant vers la vieille dame justement. L’intervention de cette dernière était tombée à pic. Aussi elle ajouta, tentant d’oublier son manque de confiance qui persistait encore malgré tout.

« - J’ai aussi de quoi assouvir la soif de chacun. Je ne voudrais pas voir partir ainsi un aussi noble seigneur. Me feriez vous l’honneur de rester avec nous, comme dame Viquête nous le propose ? Non ? Ysa, des terres de Doldoroth ? »

Sa façon appuyée et presque charmeuse de prononcer sa dernière phrase n’était pas innocente. Il n’était pas interdit de forcer sur son charme personnel, même si elle ne se trouvait pas forcément extrêmement jolie. La concurrence, si il devait y avoir, de la princesse la supplantait largement. Mais elle savait qu’elle pouvait plaire malgré tout. Son visage fin et énigmatique, presque mélancolique, pouvait faire chavirer bien des cœurs, et faire taire certains aspects disgracieux de son physique. Ils le pouvaient car ses dits aspect disgracieux n’étaient pas non plus énormes. Elle évidemment ne voyait parfois que cela. Mais elle vivait bien avec, et savait qu’elle n’aurait jamais de mal à trouver sa moitié, le jour où cela devrait lui arriver.

N’étant satisfaite de sa prestation, elle choisit de poursuivre, se voulant toujours rassurante, et accueillante. Attentionnée, tout simplement.

« - Les gardiens d’Aarkhis sont avant tout là pour vous écouter. Il ne faut pas être gêné. Connaissez-vous le peuple d’Aarkhis ? »

Suite à sa question, qui avait plus pour but d’entamer une discussion, et peut-être de permettre à certains souvenirs de refaire surface, elle indiqua à ses hôtes de la suivre vers le bureau annexe. Il s’agissait du seul parfaitement en service, avec le confort nécessaire. Au moins, elle pourrait recevoir dame Viquête et Ysa convenablement. Elle pourrait aussi se servir à boire. Elle avait très soif.



#13 L'utilisateur est hors-ligne   Ysa 

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Posté 13 juin 2010 - 23:08

La petite réunion prenait tranquilement un ton décontracté. Celle qu'il fallait désormais appeller Meme, s'était tirée de ses pensés, les avaient tous deux complimenté (enfin, le nain décida que la remarque sur la barbe s'apliquait à lui, et qu'il fallait le prendre comme un compliment), puis leur avait proposé une spécialité locale. Une aubaine pour le nain affamé de culture qu'il était. Sans compter que les trombes d'eau à l'extérieur qui avaient semblé tant irriter l'our plaidaient pour un court séjour à l'ambassade. L'ours aussi d'ailleur.

La jolie ambassadrice sembla reprendre les choses en main, toujours avec le même souci de mal-faire, remarqua le nain. Elle lui proposa de rester pour profiter des gateaux de Meme (que le nain commençait à soupçonner d'être plus agée que lui) avec un sourire telement charmant que s'en devenait louche. Ysa considéra un instant cette idée, puis s'invectiva mentalement. Ca, c'était encore une séquelle des guerres politiques de clan. Il pensa avec un peu de tristesse qu'il allait falloir se replonger dedans sitôt de retour à Dimrost d'ailleur. La capitale n'était pas toujours de son avis, surtout en ce qui concernait la multiplication des coûteux batîments défensifs...

Lorsqu'il émergea de ce (court) intermède nostalgique, la jeune femme poursuivait avec un geste en direction d'une salle à l'arrière du hall:
« - Les gardiens d’Aarkhis sont avant tout là pour vous écouter. Il ne faut pas être gêné. Connaissez-vous le peuple d’Aarkhis ? »

Ysa décida brusquement qu'entre la pluie, les gateaux, l'interressante aïlleule (aux bijoux vraiments interressants, nota brusquement le nain), la jolie ambassadrice et l'ours, tout concourrait à ce qu'il reste. Et comme ses trentes ans de l'adolescence rebelle étaient loin derrière lui (un demi-siècle pour être précis), il décida de suivre la voix du destin. Aussi, il déclara avec un grand sourire:

"Et bien mesdames, devant tant d'assaut de courtoisie, je me dois de déposer les armes. Je resterait volontier déguster les gateaux de madame Meme en votre excellente compagnie. Nous discuterons peut-être de vos royaumes respectif, et du peuple d'Aarkhis dont je suis assez ignorant. Il est bon de dîner au chaud quand l'orage gronde, surtout entouré de convives à la conversation agréable."

Il nota non sans gène qu'il avait dit "madame Meme". C'est qu'il était de plus en plus persuadé que la vieille guerrière était plus ancienne que sa barbe. Et la politesse naine lui avait étée inculquée assez profondément dans sa folle jeunesse; les semelles des affectueux chefs de clans, pères depuis peu, comptaient parmi les plus dures du monde...

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Viquête 

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Posté 17 juin 2010 - 17:40

C’est ainsi que l’efle, le nain et la vieille prirent tous les trois place dans ce bureau annexe qui, au premier coup d’œil, semblait parfaitement étudié pour recevoir n’importe quel intervenant. Mémé Viquête grimaça en posant une main sur son dos courbé lorsqu’elle posa délicatement son derrière sur la chaise. Elle tira alors sur la laisse de son mouton pour le faire s’assoire à son coté, puis libéra l’animal du poids qu’il transportait.

« Permettez que je nous pose mon gâteau sur le bureau. Voila ! Vous m’en direz des nouvelles mes enfants. L’hydromel se marie parfaitement avec le sanglier, si vous avez. »

Mémé Viquête déballa sa pâtisserie sous le regard qu’elle devinait intrigué de ses deux compagnons. Cette gourmandise aurait pu ressembler à une tarte si la pâte feuilletée ne recouvrait pas la totalité des morceaux de sanglier disposés à l’intérieur. En clair, le gâteau se présentait sous forme de trois couches superposées.
La première constituait la base du gâteau : une pâte feuilletée couverte d’une crème pâtissière dont l’arome sucré titillait les narines de forte agréable manière.
La seconde se voyait être celle du sanglier. La viande était préalablement hachée puis déposée comme un ensemble de tresses à intervalle régulier sur la crème, mais cette couche était définitivement la plus épaisse des trois car il s’agissait là de l’ingrédient principal du gâteau.
La troisième et dernière couche imitait la première. La crème serpentait en plus faible quantité sur la viande, le tout protégé par la carapace de la pâte feuillée tel un chapeau décoré de gravures aléatoires et stylisées.

Un chef d’ouvre unique selon Mémé : une véritable œuvre d’art !

« Il existe aussi quelques variantes.
Informa Mémé qui salivait d’avance. Il est coutume de remplacer la seconde couche de crème par des sorbets de fruits divers et variés, mais cela aurait été une catastrophe après un tel voyage à dos d’ours. »

Mémé ne se fit pas attendre pour dégainer un couteau de cuisine venu de nulle part d’un geste trop souple et précis pour son age. On aurait dit que son savoir, contrairement à sa peau rugueuse terriblement attaquée par les ravages du temps, n’avait jamais pris une seule ride. Elle découpa trois parts égales dans la foulée. Trois grosses parts qui semblaient crier à quel point il serait extrêmement difficile d’en venir à bout si le goût ne suivait pas l’esthétisme.
C’est pourquoi il était vivement conseiller de servir de l’hydromel avec ce gâteau. Il est toujours plus aisé d’engloutir quelque chose d’affreusement mauvais grâce au courage que confère l’alcool, ou le vomir en toute politesse le cas échéant. Mais Mémé Viquête était en confiance et entama une première bouchée.
La pâte croustilla sous ses gencives et ses quelques dents survivantes, la crème glissa sur son palais et la viande invoqua un plaisir presque aussi intense que ses ex-amants parvenaient à lui procurer. Mémé Viquête poussa un soupir de bien être avant de s’affaler sur son dossier.

« Rien de tel pour vous vivifier l’esprit ! Je me souviens à présent de la raison de ma venue ici. Ma chère Liitzia, vous parliez du peuple d’Aarkhis. Une très gentille princesse de Folispil m’a procuré grand plaisir à m’envoyer quelques petits mots gentils dans lesquels elle disait avoir une belle histoire à me raconter. »

Cette fois-ci, Mémé Viquête ne dégaina pas un couteau, mais deux longues aiguilles sournoisement bien aiguisées. Elle tira alors sur un long poil de son mouton et commença ainsi son tricot.

"beeeeeh ! Doucement!"

« Je sens que votre histoire sera passionnante. Et ce gâteau mon bon nain, un vrai régal n’est-ce pas ? »

Ce message a été modifié par Viquête - 17 juin 2010 - 17:46 .

Mémé Viquête, Matriarche de Freyskadi.
Son mouton Sheepn'dale n'est Dieu que pour elle.

"C'est pas à une vielle biquette comme moi qu'on va apprendre à faire la tronche..."
"Une bonne chasse, un bon sanglier et un bon tricot : ça c'est la belle vie!"

#15 Liitzia

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Posté 17 juin 2010 - 22:01

Un moment étonnant auquel la jeune femme ne s’était absolument pas attendue. A présent autour du bureau, elle s’apprêtait à manger du gâteau, comme une enfant participant à un goûter totalement décalé. Elle ne s’en trouva pas gênée, bien au contraire. Cette grand-mère ressemblait à toutes les grands-mères du monde. Ou plutôt, elle donnait l’image d’une grand-mère idéale. Attentionnée, et délicate. Le nain lui-même semblait se plaire dans cette ambiance aujourd’hui relâchée, en appréciant d’avance un gâteau qu’il n’avait pas encore goûté. D’une certaine façon, cette ambiance la déstabilisa. Elle ne savait pas si elle devait se montrer sérieuse, comme toute intendante chargée d’affaires diplomatiques, et arborer l’attitude grave de circonstance, ou s’il fallait juste profiter de l’instant, sans se poser plus de questions.

Puis il y eut les interrogations de ses deux hôtes, à propos d’Aarkhis, alors que son intention n’était en aucun cas d’en dire beaucoup sur ce peuple qu’elle ne connaissait que très peu. Juste par ce qu’avait pu lui en dire la princesse. Mais elle sentait chez cette dernière une forme d’émerveillement irrationnel, qui dépassait le simple stade de la découverte. Elle gardait confiance en Viitqöley, mais s’inquiétait parfois de cette étrange adoration. Elle se retrouva quelque peu prise au dépourvu en tout cas, face à Ysa et Viquête.

« - Je ne sais pas grand-chose des aarkhasis vous savez, entama-t-elle confuse et embarrassée. »

Se disant qu’elle ne pouvait pas en rester là, au risque de ruiner l’image des Gardiens qu’elle devait représenter, elle poursuivit cependant selon ce qui lui venait à l’esprit.

« - C’est un très vieux peuple vivant sous l’océan. Ils ont sauvé la vie de la Princesse un jour. Ils ont une vie simple, et ne font que chanter, et chanter ! »

Elle se rendait compte que sa description restait plus que légère. Qu’elle risquait de donner une mauvaise impression sur ce peuple, mais surtout sur les gardiens, qui ne pouvaient baser leur histoire sur d’aussi pauvres informations. Ne voulant donc donner mauvaise impression, elle tenta de construite d’avantage ses explications, faisant appel à sa mémoire de façon plus approfondie.

« - Personne ne sait réellement ce qu’ils sont, ni d’où ils viennent réellement. Ils disent que la Musique les a faits. Qu’ils n’étaient que des créatures laides autrefois. Une musique qu’ils écoutent sans lassitude, dansant et chantant tout le temps. Ils sont la beauté incarnée. Ils dégagent tant de naïveté, tant de joie, tant de sérénité ! La princesse pourrait vous en dire plus ! Elle s’entretient beaucoup avec eux ! Pour ma part, je ne les ai rencontré que quelque fois ! »

Une forme de gêne la gagna. Elle ne croyait pas totalement ce qu’elle disait. Surtout, parce qu’elle se sentait exclu de l‘échange qu’entretenait la princesse avec les aarkhasis, et qu’elle ne saisissait pas tout. Mais elle sut se montrer convaincante pour autant. Voulant changer de sujet, elle prit une part du gâteau découpé, et en mordit l’extrémité. S’en suivit une légère grimace, qu’elle atténua, pour manger encore un petit bout. Elle n’aima pas. Mais elle tenta de ne pas le montrer.

« - Et vous ? Qu’attendez-vous des Gardiens ? Et que pouvons-nous faire pour vous et vos contrées respectives ? »

La question sortit de sa bouche de façon étonnamment directe. Elle avait gardé son ton innocent, avec un petit sourire naïf. Elle s’inquiétait surtout de savoir pourquoi Ysa et Mémé Viquête étaient venus, et s’ils avaient besoin d’aide.


#16 L'utilisateur est hors-ligne   Ysa 

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Posté 17 juin 2010 - 23:26

Le nain se retrouva confortablement assis sur un siege élégant. Il avait toutefois veillé à laisser le plus moelleux à l'ailleul, et pas seulement par politesse; il avait beau être un nain d'assez grande taille, les fauteils les plus profonds le comdamnaient souvent à regarder les genoux de ses hôtes, plutôt que leurs visages. Ici, rien de tel; la salle avait été inteligement pensée, et la table pas trop haute. Parfait.

Avec un sourire, il regarda Meme sortir de sous son mouton un curieux gateau, et d'on ne savait trop ou un couteau effilé. L'épaisse part qui lui fût servie aurait inquiété le nain le plus affamé. Mais la veille femme avait parlé d'hydromel, et ça valait tous les sacrifices du monde. Il se passa la main dans la barbe, signe d'une anxiété prononcée, puis il enfourna une bouchée. Le gateau était... agressif. Pas mauvais en soi, mais la viande vous sautait violament sur le pâlais et la crême vous noyait la bouche. Toutefois, ce dessert était tout à fait bon une fois le premier choc passé, surtout après des années de guerre des clans; il s'agissait d'une époque aujourd'hui révolu, mais ou Ysa avait plusieur fois passé des mois et des mois dans de moîtes tunnels, avec des rats pour seule compagnie et garde-manger...

Lorsque le nain réussi à chasser de son esprit ces souvenirs traumatisants, l'élégante ambassadrice avait commencé à parler des aarkhasis. C'était un discours confu, mais qui posait au moins une idée de base de ce peuple. Et cette musique... peut-être parlait-elle de la toute dernière invention Dragoon, le sax-o'phone! Depuis qu'il en avait rencontré l'inventeur à Akisroc, le nain était en effet tombé sous le charme. Les vielles mines n'avaient jamais été aussi joyeuses que depuis qu'il y avait installé un conservatoire de musique. Ysa attrapa une bouteille d'hydromel, posée en hate par leur hôte, et qu'elle avait oubliée, déstabilisée comme elle l'était, d'ouvrir. Et là tout ses soucis et ses doutes s'envolèrent. Il s'agissait d'un Ferashana 156! Le meilleur cru qui ait jamais été tiré du miel de Doldoroth! S'il avait su qu'il boirait un jour ses propres cadeaux!

Cependant, la meilleur hotesse d'Akisroc (c'était bien la première fois qu'on lui servait la spécialité nationale) s'interrogeait sur le but de sa visite. Bon, ben il était la surtout à cause de la pluie hein. Il prit une nouvelle gorgée. Remarquez, maintenant qu'il y était... Il réfléchi, pris une nouvelle gorgée. Puis se décida brutalement. Manquant de s'effondrer en sautant précipitament sur ses deux jambes, il s'inclina très bas et déclara:

"Mademoiselle, j'étais ici par curiosité, et vous vous proposez de l'assouvir. J'étais ici, chassé par les intempéries, et vous m'avez accueilli. Et à présent, vous me demandez ce que j'attend de vous? Et bien je me décide à l'instant. J'attend de vous que vous accetieptez l'offre de Doldoroth ; car en véritez je déclare Folispil ami éternel de mon peuple pour sa bonté. Et en gage de cette amitié, je vous remet cette bague, issue des forges de Karak-Helm, pour votre reine si généreuse."

Il sortit de sa tunique un petit sachet de soie, duquel il sorti la plus belle bague sertie d'un saphir. Tant pis pour les marchands humains, se dit-il, voila un bijou qui siera mieux a une reine délicate qu'à ces rustres barbares. Puis il réfléchit rapidement que sans cette bague, les prix seraient dificilement avantageux pour lui lors des négociations. Dans un élan de Lyrisme dans lequel l'hydromel était sans doute pour quelque chose, il dégaina un fin diademe d'argent, qu'il posa devant Meme en s'inclinant. Puis il ajouta:
"Je ne puis décement offrir un bijoux à une absente, et le refuser à quelqu'un qui offre ses spécialités culinaires sans compter. J'ose croire que ce diademe trouvera place aux cotés des trésors que vous portez, en signe de la future amitiée de nos peuples; j'en veux pour preuve que nos spécialités nationales se marient à merveille! "

Et enfin il resta debout, droit comme un nain, réalisant soudainement qu'il venait de transformer l'ambiance conviviale en un espece de Noel protocolaire. Et qu'il allait se faire echarper par le grand Conseil, qui dès qu'il rentrerait, comme d'habitude, lui reprocherait ses initiatives. Tant pis! Il resta un court instant immobile, puis se dit qu'il aurait bien besoin d'un remontant. Saisissant son verre, il déclara avec une espece de sourire géné qui se voyait malgrès sa barbe fournie:
"Heu, je crois que je vais reprendre un peu d'hydromel, là."
Diriger, c'est prévoir; prévenir, c'est agir

#17 L'utilisateur est hors-ligne   Viquête 

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Posté 19 juin 2010 - 20:04

Confortablement installée, Mémé Viquête se laissait bercée par l’histoire contée. A son grand regret, le récit de Liitzia se termina seulement après quelques boucles de son tricot. Quand celle-ci s’interrompit pour lui demander ainsi qu’au nain quelles étaient leurs réelles intentions, Mémé se figea. La tête toujours baissée sur son tricot, ses yeux presque vides fixaient intensément Liitzia par-dessus ses lunettes. Elle n’y voyait peut-être rien de cette manière, mais cela faisait partie intégrante de son expression faciale interloquée.

Le nain fut le premier à répondre. Reportant sa concentration sur lui, Mémé Viquête fut bien obligée de constater que l’hydromel commençait à lui monter sérieusement à la tête.
Ah, ces nains ! Ils ne se rendent pas compte que de par leur toute petite taille, l’alcool a plus vite fait de circuler dans tout leur corps que n'importe qui d'autre. C’était bien pour cette seule et unique raison que l’on interdisait l’ajout d’alcool dans les biberons des jeunes chérubins de Freyskadi.

C’est alors qu’elle le vit - brillant de mile feux tels les reflets vivifiants du soleil sur la peau lisse d’une montagne de glace. Le diadème : cette merveille des merveilles en matière d’ornement couvre-chef. Mémé était si conquise qu’elle en oublia ses aiguilles et les fit tomber au sol.

Ce diadème irait à merveille sur mon mouton. Merci infiniment mon p’tit ! Vous êtes si gentil que cela me donne envie de vous croquer les joues. Qu’en pense-tu Sheepn'dale ?
« Poses-moi ce truc sur le crâne et t’auras de la laine jaune pisseux pendant les dix prochaines décennies à venir… »

Entendant le nain debout sur sa chaise réclamer plus d’hydromel, Mémé Viquête reporta son attention envers Liitzia.

Je savais bien que mon gâteau serait un véritable succès, mais il serait plus raisonnable de lui confisquer sa boisson avant qu’il ne se casse quelque chose en dégringolant de sa chaise. On ne dirait pas comme ça, mais c’est qu’il risque de tomber de très haut ! J’en ai les vertèbres qui s’agitent. Jamais bon quand elles tirent la sonnette d’alarme celles-là. Toujours écouter ses vertèbres, toujours…

D’un geste trop rapide pour en discerner le mouvement complet, Mémé s’empara soudainement de sa canne qui tira la chaise du nain en arrière, obligeant ce dernier à l’utiliser correctement :

Les deux fesses sur le siège ! Le dos bien droit et on ne met pas les coudes sur la table. On demande la permission avant de se lever de table.

Une récitation que Mémé semblait connaître par cœur tellement elle l’avait certainement répétée à ses nombreux descendants. Elle décida alors de répondre à la question ultérieurement posée par son hôte.

Pour ma part, je me suis rendue jusqu’à vous par la plus grande des curiosités, tout simplement. Je ne cherche pas de refuge, seulement un peu de compagnie vous savez. Votre charmante princesse l’a d’ailleurs fortement bien attisée pour que je puisse vouloir en entendre un peu plus sur l’histoire des aarkhasis. Quel dommage que vous vous soyez arrêté si vite dans votre récit ! C’était tout à fait passionnant. Je suis certaine qu’ils possèdent des créatures incroyables à chasser. La chasse et le tricot sont mes deux grandes hobbies. Vous sauriez où l’ont pourrait rencontrer ces gens ? J’aimerai beaucoup les entendre chanter, pourquoi pas autour d’une grillade avec les Mémés copines. Bien sur vous serrez invités tous les deux ! On se fera du chevreuil.

Ce message a été modifié par Viquête - 19 juin 2010 - 20:06 .

Mémé Viquête, Matriarche de Freyskadi.
Son mouton Sheepn'dale n'est Dieu que pour elle.

"C'est pas à une vielle biquette comme moi qu'on va apprendre à faire la tronche..."
"Une bonne chasse, un bon sanglier et un bon tricot : ça c'est la belle vie!"

#18 Liitzia

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Posté 20 juin 2010 - 22:18

Personne ne semblait avoir remarqué que Liitzia n’aimait pas le gâteau. A la rigueur, ceci n’avait guère plus d’importance à ses yeux. Un grand sourire illumina son visage. Ysa comme Viquête se montraient plus que coopératifs, elle se retrouva incapable de prononcer le moindre mot à l’écoute des derniers mots prononcés par chacun d’entre eux. Un mélange de joie et d’étonnement incommensurables la gagnèrent d’un seul coup, ne lui laissant même pas le temps d’envisager une bonne réussite de son rôle. Son naturel modeste lui imposait de considérer la place plus qu’évidente de la princesse derrière tous ces aménagements diplomatiques. En fait, elle estimait même que tout devait déjà être plus ou moins préparé depuis déjà un certain temps, et que le talent diplomatique de Ysa et de Mémé avaient permis d’en arriver aussi là.

Parvenant à contenir la surprise qui l’enserrait, elle répondit aux deux à la fois, avec un grand sourire de plaisir et de reconnaissance. Parce que la reconnaissance était la première des qualités qu’elle devait avoir, et qu’elle avait justement au plus profond d’elle-même.

« - Je suis sincèrement honorée de votre présence. Au nom des Gardiens, je ne peux que vous remercier du fond du cœur ! »

Ne sachant trop quoi faire sur le moment, elle se contenta de retenir son émotion, et regarda la bague que venait d’offrir Ysa à l’attention de Liitzia. Elle ne s’offusqua pas de ne rien avoir, même si la Mémé elle-même avait eu droit à son cadeau. La princesse représentait beaucoup aux yeux de l’intendante. Se mettre dans son ombre était à présent son rôle. La représenter au mieux son sacerdoce. Liitzia avait réussi à ne pas tout mettre en l’air. C’était une forme de réussite pour elle.

« - La princesse saura apprécier ce don à sa juste valeur, poursuivit-elle ! »

Coupant pour indiquer qu’elle changeait de sujet, elle reprit toujours chaleureuse et bienveillante, voire émue.

« - Les gardiens seraient très honorés de vous en faire connaître plus sur les aarkhasis. Comme je vous l’ai dit, je n’en sais pas autant que la princesse. Peut-être acceptera-t-elle de vous les présenter ! Elle entretient une relation particulière avec l’une d’entre elle. Une jolie aarkhasis à la beauté fascinante, et si étrange. La princesse sera là pour vous accueillir, comme les autres gardiens ! Nous sommes fiers d’exister à vos yeux, et fiers aussi de compter vos contrées comme amies. »

Machinalement, elle reprit une petite part de gâteau, sans s’en rendre compte, et mordit une part, dessinant ensuite une petite grimace qu’elle retint aussitôt. Elle reposa la part, prit un gobelet d’hydromel qui lui avait été servi, le porta à sa bouche, et le versa, avant de faire une nouvelle grimace, et de poser le récipient. L’alcool ne manquait pas de force. Elle n’était pas habituée à boire du tout, et ne s’attendait sûrement pas à telle chose. Il lui fallait de l’eau. Elle se leva, prit sa carafe, et se servit un gobelet, pour ensuite proposer la boisson plus sage à Ysa et Mémé Viquête.

Puis, elle posa une question naturelle pour elle, depuis qu’elle était arrivée, mais qui avait un sens particulier à ses yeux aussi.

« - Vous êtes arrivés en ville depuis longtemps ? Vous vous y plaisez ? »

Prudente, elle ne révéla pas sa pensée immédiatement. Mais au fond d’elle-même, si elle avait appris à apprécier ses habitants, elle exprimait toujours un certain malaise dans l’enceinte de la cité.


#19 Siintöl

  • Groupe : Invité

Posté 24 juin 2010 - 15:00

Elle quitta la place aussi discrètement qu’elle n’était venu. Elle avait juger sa présence sur les lieux comme étant une perte de temps, alors que ce dernier était précieux. Elle fit d’abord un pas en arrière, puis deux tout en continuant à regarder les différents acteurs de la scène à laquelle elle avait assisté de manière très épisodique. Et puis, finalement, elle se retourna, pour aller droit devant elle, et rejoindre le Refuge. Elle devait y retrouver Liitzia et lui remettre un parchemin précieux. C’était le but même de sa présence dans la Capitale.

Elle arpenta les ruelles, observant l’architecture marquée, blessée par les évènements passés. Elle ressentait comme une certaine gêne. Les lieux l’étouffaient, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi.

Elle reconnu très facilement l’entrée du Refuge. C’est là qu’elle trouverait Liitzia, le symbole, d’une certaine manière des Réfugiés d’Aarkhis, dans la Capitale. Elle resta quelques instant, immobile devant la demeure, puis pénétra dans les lieux, timidement.

« Dame Liitzia ? » murmura t’elle, le ton quelques peu anxieux.

Au silence, elle répondit de la même façon. Pas un son. Elle se contenta de poser le parchemin à l’entrée, sur le petit guéridon sur le côté de la porte, destiné justement à ce genre de chose.

Elle regarde à gauche, à droite. Non, l’idée n’était pas bonne. On entrait à l’ambassade comme dans un moulin. N’importe qui pourrait, si l’envie lui prenait pour n’importe quelle raison obscure, dérober le parchemin et privé la belle diplomate des informations qu’il recellait. Elle reprit le parchemin entre ses mains, et le serra contre son cœur.

« Mauvaise idée ... » murmura t’elle. Elle avança de quelques pas, la tête légèrement penchée vers l’avant.

« Dame Liitzia ? Etes vous là ? »


#20 L'utilisateur est hors-ligne   Ysa 

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Posté 28 juin 2010 - 20:06

Assis plus correctement sur sa chaise, bien que cela ne fut pas de son fait, Ysa entrepris de remettre ses pensées en place. Alignant mécaniquement ses coudes le long du corps après l'injonction de Mémé, il s'empara du verre d'eau offert par l'ambassadrice, puis le porta à ses levres. Cela eut un esset radical; les nains commes les cailloux, sont vite imbibés, mais ils sechent vite. Il se redressa, l'esprit un peu plus clair. Que d'empressement il avait mis à offrir ses résors! Toutefois, il ne regretta pas son geste un seul instant. Il s'agissait tout de même d'un acte tout a fait correct, diplomatiquement parlant, et qui aurait au pire aucune incidence positive sur la conduite du royaume. Mais il réalisa brutalement que finalement sa jolie hotesse se retrouvait sans présent! Il faudra arranger ça dès que possible, se promit-il intérieurement.

Il écouta avec attention le laïus de l'ambassadrice sur ces êtranges êtres aquatiques. Dieu que cela était intriguant! Quant à la dynamique ancêtre, elle parlait gaiement de partir à la chasse, et proposa le diademe au mouton. Pourquoi pas au fond. avec un sourire et un regard ferme (afin d'eviter toute meprise quand a son self-controle revenu), il déclara:


" Tout d'abord, je suis heureux que vous acceptiez ces présent. Mémé, si ce diademe vous plait, sachez que vous n'aurez qu'à vous rendre à Doldoroth et passer commande! Je serais heureux de vous faire visiter mon domaine tandis que nos artisans travailleront a parer votre peuple de notre fierté; rien ne compte plus en effet pour un nain que de voir un travail apprecié à sa juste valeur.
Toutefois, j'étend cette offre à votre princesse mademoiselle, ajouta-t'il en s'inclinant légérement vers l'ambassadrice. Je serais heueux de lui présenter Doldoroth et ses trésors. Pensez-vous que cela puisse se faire?
Quant à votre propre proposition, je crois que je vais l'accepter. Cela ferait deux fois que je refuse, ce serait par trop impoli, sans compter que cette mytérieuse musique m'intrigue réelement! Par chance, mes affaires dans la capitale se terminent, et je vais pouvoir rentrer dans mon pays; je serais donc bientôt disponible. Et si j'ai le plaisir de croiser Mémé dans votre capitale, je crois que je n'hesite plus."

Il allait s'assoir, lorsqu'il réalisa qu'il avait oublié de répondre à la question de son hôtesse! Il annonça donc:
"Je ne suis pas ici depuis longtemps, mais je trouve cette ville étrange. D'un coté on trouve des ruines de ce qui devait etre des bijoux d'architecture, voir des reste de jardin. Partout ailleur, c'est ruine, mort et austerité, laideur et fonctionnalité. Sans parler des hommes de ce Guide, omniprésents. Non, en dépit des charmantes rencontre qu'on y fait, je n'aime pas cette ville. Ni cette superpuissance du Guide d'ailleur; ne sera-t'elle pas dangereuse à long terme pour tout Dragostina?"

Il en était à ce point de ses réflexion, lorsqu'il lui sembla entendre un bruit de voix ailleur dans l'ambassade. Il haussa les sourcils, puis s'interrompit brusquement, avant de demander:
"Attendiez-vous quelqu'un ici? Il me semble entendre quelque chose."
Diriger, c'est prévoir; prévenir, c'est agir

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