Au fond d’elle, Liitzia appréhendait la responsabilité que lui faisait porter la princesse. Elle se sentait flattée, et honorée, et comptait prendre son rôle au sérieux. La volonté de bien représenter Folispil et les réfugiés d’Aarkhis surpassait tout. Mais elle s’inquiétait plutôt de sa capacité à supporter son rôle, et de bien faire. Il lui était difficile de ne aps douter d’elle-même. De plus, la perspective de rester à Akisroc pendant de longues périodes ne l’enchantait guère. Ce qu’elle avait pu y voir lors de son premier passage n’arrangeait rien. La cité capitale ne lui avait pas laissé une bonne impression.
Lorsqu’elle quitta le palais de la princesse, et qu’elle laissa derrière elle tous ses proches, un grand chagrin la gagna. Elle ne rentrerait pas au pays avant dix mois. Une période très longue. Les derniers échanges furent difficiles pour elle. Elle ne put s’empêcher de pleurer. Pendant la majorité du chemin vers Akisroc, elle regardait le paysage défiler, les yeux vides, ne parvenant pas à laisser aussi derrière elle sa peine. Le temps maussade n’arrangeait d’ailleurs rien. Un voyage de quelques jours qui avait été égrainé par la pluie, le vent, et les nuages gris. Rien pour afficher un petit sourire sur le visage triste de Liitzia.
Enfin, ils arrivèrent. Le carrosse traversa la sinistre porte de la cité. Par temps de pluie, elle semblait encore plus austère et sordide que de coutume. Elle referma les rideaux de son carrosse, pour ne plus voir dehors, au moins jusqu’à leur arrivée. Le malaise la gagnait déjà. La sinistrose que dégageait Akisroc dépassait tout ce qu’elle avait pu voir par le passé. Le véhicule s’arrêta alors. Liitzia attendit un long moment avant de descendre. Elle voulait déjà rentrer en Folispil et quitter cette ville nauséabonde. Pourtant, elle ne pouvait pas. Après un long moment, alors que les gardes qui l’accompagnaient attendaient, elle sortit sous la pluie. Elle courra vers le paravent devant l’immense bâtiment.
« - Alors c’est ça le bâtiment E, section quatre dans l’allée vingt sept. Charmant ! »
Ce fut le premier commentaire que lui inspira la future ambassade du refuge. Elle sortit de sa petite besace la clé qui lui avait été envoyée par l’Absolue Conscience avec l’accord. Elle l’enfonça dans la serrure, s’attendant à ce qu’elle ne corresponde pas. Un cliquetis confirma la bonne correspondance dudit objet. Elle baissa la poignée, et poussa la porte pour rentrer dans la bâtisse. Une grande obscurité régnait à l’intérieur. Mais une petite lumière passant entre les volets de la façade permettaient d’en voir un petit peu. Suffisamment pour rendre un peu compte de la situation. Tt était parfaitement propre et impeccable. La grande pièce qui s’étalait devant Liitzia était transpercée par quelques imposants piliers de pierre grise. Quelques chandeliers avaient été postés de ci, de là, prêts à être allumés. Ne restait plus qu’à meubler. Liitzia s’attendait au départ à des appartements miteux et minuscules, sales et trop envahis. Ce fut l’opposé qui se présenta à elle. Sans attendre, elle parcourut les pièces adjacentes. Un long couloir à gauche menait à deux salles plus petites. Une fois ceci constaté, elle fit demi-tour pour aller de l’autre côté, vers le fond. Une autre salle avait été faite. Elle ne savait pas encore comment les choses seraient mises en place. Mais au moins, elle se trouva quelque peu rassurée. Pas suffisant pour lui redonner un vrai sourire. Mais un petit peu de baume au cœur.
Elle sortir dehors, demandant à l’un des gardes de repartir pour Folispil. Il allait falloir ramener de quoi meubler l’Ambassade, et la rendre fonctionnelle. En attendant, elle prit dans le carrosse un objet particulièrement lourd qu’elle avait fait préparé depuis quelques temps. Une plaque de marbre avec une inscription particulièrement symbolique.

Deux heures plus tard, elle était posée juste sur la droite de la porte. L’Ambassade existait officiellement.

Aide
Multi-citation











