Le Nouveau Monde: L'étoile nordique - Le Nouveau Monde

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L'étoile nordique

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Sevehan 

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Posté 26 avril 2008 - 16:51

Chapitre I - Des terres calides à celles du Nord.

Il y a bien des manières de commencer un récit. Bien des choses à dire. Commençons par l'Histoire.

Dans le royaume de Calidaë vivait la grande Occalina des Loups, dirigeante des elfes noirs de cette contrée. Exilés depuis longtemps de leurs terres ancestrales en Kalahin, les elfes calides avaient enfin retrouvés leur royaume ancestral, mené par la clairvoyance de leur dirigeante et aidés par les sages de Celerna-Ilonë, l'assemblée héritière des Tylacins et des Loups.

Je vivais parmi les calides, à cette époque. Fils de parents respectés, intelligent d'après mes mentors, la communauté calide me vouait à un avenir prometteur. Et peut-être le serais-je devenu si la guerre n'était venue.
La guerre. Le nom des royaumes que nous combatîmes n'a plus d'importance, ils n'existent plus que dans les souvenirs de ceux qui ont vécu ces temps de fer et de feu. Mais les combats emportèrent tout ce qui me retenait à la vie. Mes parents, mes amis, ma maison...
Il ne restait plus que moi. Un elfe devenu étranger même chez lui tant les lopins de terre brulée que laissaient les combats derrière eux ne ressemblaient en rien aux brillantes cités qui s'élevaient autrefois aux mêmes endroits. La terre était morte, et ma raison avec elle.

Seul, miraculeusement épargné, je sombrais dans la folie de la solitude. Je devais apprendre par la suite que ce qui restait de mon peuple s'était réfugié dans les hautes montagnes et continuait la lutte. Mais à cette époque je cru être véritablement l'unique survivant. Mon esprit vacilla, et je devins comme une bête. Vivant dans la nature, dormant sous le ciel étoilé, ivre de haine et d'horreur, je devins un prédateur. Jour après jour, je traquais les bourreaux de mon peuple. Evitant les armées et les rassemblements, je les suivais néammoins et profitais du moindre instant d'isolement des soldats pour mettre fin à leur existence. J'exposais ensuite organes et entrailles de mes victimes au vu de tous.

Ainsi ils connaitraient l'horreur. Et eux aussi auraient peur.

Mais peu à peu, le chasseur devint proie. Des patrouilles furent envoyées pour me pourchasser, une récompense fut mise sur ma tête, bien qu'ils ignorent ce que et qui j'étais. Je fut contraint de fuir, mais cette fois ils ne rattrapèrent pas. Loin vers le septentrion, je parvins à leur échapper en franchissant un col montagneux au début de l'hiver. Le temps allait s'empirant, et ils préférèrent abandonner la poursuite que de risquer de se trouver bloqué dans les hauteurs.
Bien leur en prit, assurément.

Car pour ma part, c'est à demi mort de froid et de faim que je devais enfin parvenir à franchir la chaine montagneuse. Pour arriver enfin dans une contrée qui ne me serait hostile.

Hiskvragd.


#2 L'utilisateur est hors-ligne   Sevehan 

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Posté 01 juillet 2010 - 12:48

Chapitre II - Du Cataclysme au retour vers le sud.

Les nordiques me recueillirent. Leur intendant actuel, Ragnar, était contre toute attente loin de l'image que je me faisais des tribus rustres et barbares qui hantaient dans les contes d'enfant les montagnes hostiles du septentrion. En Hiskvragd je reçus nourriture et logement, retrouvant parmi un peuple rude un début de sens à mon existence, même si je savais au fond de moi-même que je n'étais qu'un exilé, un apatride.

Pourtant je suis resté parmi ceux qui étaient devenus des amis. Durant nombre d'années je ne me préoccupais plus du monde extérieur. J'apprenais vite la vie dans le nord, et devins rapidement un expert de la chasse à l'arc et de l'escrime à la lourde épée d'acier nordique. A tel point que me compagnie devint recherchée tant par les champions de la communauté que par les jeunes filles aux cheveux blonds, m'attirant même quelques amusantes jalousies pour mon visage qui ne connaissait pas la vieillesse.

Mais si je ne m'occupais plus du monde, il se passait pourtant bien des drames en Dragostina, loin dans le sud.

Je ne connais pas les causes du Cataclysme. J'aime à croire qu'il n'est que le juste châtiment envers ceux qui détruisirent mon enfance.

La communauté connut le malheur elle aussi, mais sans doute moins qu'en d'autres lieux grâce à la protection apportée par les hautes montagnes. Pourtant la population fut décimée par les avalanches et les bêtes sauvages. Ragnar disparut dans la tourmente, et son corps ne fut jamais retrouvé. Devant l'ampleur des dévastations, la dispersion fut décidée par les anciens.
C'est à ce moment que je décidais de repartir vers le sud.


Ma marche fut longue. Les stigmates de ce qu'on nommait déjà le Cataclysme étaient visibles partout, mais mes talents de survie et de camouflage m'épargnèrent les problèmes lors de ma longue errance.
J'ignore combien de temps je voyageais ainsi. Sans doute des années. Après la tempête, Dragostina se réveillait, comme un continent vierge de toute trace de civilisation, une terre de possibilités infinies. D'ailleurs, de nombreux aventuriers et seigneurs de guerre qu'on disaient venus d'outremer venaient chaque jour plus nombreux sur le continent, attirés par les promesses de gloire et de richesse, établissant de nouveaux royaumes ou simplement venant piller les ruines de quelque cité autrefois prospère.

Quand à moi, je trouvais la fin de mon errance. Quelque part dans le sud du continent, une communauté pacifique et accueillante s'était établie dans une région de plaines et de collines fertiles. Ils avaient choisi pour les gouverner une reine sage et perspicace, dans laquelle je cru retrouver un instant la noblesse désormais oubliée de la grande Occalina des loups. Je décidais de me fixer un instant à cet endroit, en Tragosya.

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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Sevehan 

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Posté 07 juillet 2010 - 18:41

Chapitre III - De la vie à la mort.

C'était une terre fertile que celle de ce nouveau royaume. Un territoire de plaines et de collines irriguées par deux majestueux grands fleuves descendant mollement des montagnes orientales. Le peuple tragosyan était amical, jovial et hospitalier. Ils m'accueillirent avec bonté, et je vécut quelques mois parmi eux, gagnant ma vie comme chasseur ou guide-convoyeur. J'eus même l'occasion de voir la reine Aranya un jour que j'étais à la capitale.

Pourtant le rêve ne dura pas. Aux frontières, déjà la guerre se présentait.
J'ignorais encore à quel point elle était proche.

Je me souviendrais toute ma vie durant ce jour d'Abysh 156. J'étais à l'auberge d'un petit village de l'ouest du pays, un hameau aujourd'hui rayé de la carte. Je chantais et buvais avec les villageois de retour d'une belle partie de chasse lorsqu'ils sont arrivés.
Au milieu de la nuit, sans cri ni rien qui put nous prévenir de leur présence, ils arrivèrent. Les morts. Les soldats damnés de Themiskyra.

Le combat était inégal. Mes compagnons moururent un à un sous l'acier rouillé des légions maudites. Je finis seul, adossé à un mur du bâtiment, retenant avec fureur les assauts des hordes immortelles. Ma lame chantait comme en l'ancien temps, tranchant l'acier rouillé et faisant voler les membres décharnés. Le combat dura et dura, à tel point que les ossements et les armes rouillées recouvraient le sol. Pourtant les assauts ne faiblissaient pas. J'aurais sans nul doute dû mourir.

Pourtant, alors que mes coups faiblissaient de plus en plus, les morts cessèrent soudain leurs attaques et reculèrent en hâte, pour s'arrêter à quelques mètres de moi, me tenant fermement en respect à l'aide d'armes d'hast.

Ils s'écartèrent, et c'est alors que je vis sa silhouette approcher.

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